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Chris – Bordeaux – 1989

décembre 7, 2009

C’est il y a presque 20 ans. Je fais un détour par un supermarché du centre ville de Bordeaux, monte au 3ème étage à la recherche d’un cadeau pour l’anniversaire d’un ami et à la sortie du magasin, tombe sur une belle exposition qui ne ressemblait à rien de connu, reprenant en une fusion les grandes figures de la spiritualité universelle. Beaucoup d’images venant de l’Inde, tradition qui m’était à l’époque totalement étrangère, mais dont l’insertion dans ce concert de connaissance fluide et logique me parut tout de suite « familier ». je me fais inviter à venir expérimenter Sahaja-Yoga dans une salle de banlieue proche, une salle de danse…le mardi suivant. Mon ressenti fut a postériori, après la séance. Je ressentais la re-connexion profonde avec une énergie, une « entité », une vie que j’avais perdue il y a longtemps. Je situe cette perte à la fin de l’enfance. Ce sentiment merveilleux, que j’avais oublié, de ne faire qu’un avec tout soi-même. D’avoir en soi les germes de sa propre joie, la garantie de sa propre sécurité, l’assurance de son bonheur. Quelque chose de précieux, de tellement précieux, intime et familier s’était manifesté à nouveau, et cette fois, je ne voulais pas le perdre.

Après la séance j’ai conservé mon programme prévu et me suis retrouvé avec un verre de Champagne à la main dans une soirée. La première gorgée fut fatale ! J’étais déjà en train d’essayer de retrouver cette merveilleuse connexion. Je crois que la frustration de cette perte aussi soudaine et rapide qu’imprévue m’a fait quitter la soirée au bout de 2 minutes. J’ai également quitté la ville quelques jours après pour me retrouver en villégiature au bord de mer, chez ma mère qui m’accueillait après de nombreuses années d’errance alors que j’avais décidé de reprendre mes études. Je mis à profit ces quelques mois occupés à repasser mon bac pour méditer et prendre des bains de pieds chaque jour, selon les conseils des sahaja-yogis qui m’avaient accueillis lors de la séance de Réalisation du Soi. Je mélangeais d’ailleurs les deux techniques que je faisais en même temps le matin, devant une petit photocopie en N&B que l’on m’avait remise. Malgré cette absence de maitrise des techniques, de connaissance des méthodes, de mélange des circonstances, la connexion se rétablit. Chaque jour qui passait la rendait plus forte, plus palpable, plus réelle. Les doutes s’estompaient, la réalité de l’Expérience grandissait malgré la persévérance dans une consommation (modérée !) de tabac, alcool et substance narcotique…puis arriva un moment ou la situation devint confuse et insatisfaisante, je ne réalisait pas vraiment pourquoi.

Je me rendis un jour sur Bordeaux, après 3 mois de pratique solitaire de la méditation Sahaj, rencontrer mes amis qui ne manquèrent pas de m’entrainer dans un bar pour fêter les retrouvailles. L’ambiance enfumée, les discussions de sourds, les vapeurs de l’alcool altérant progressivement les consciences, l’augmentation progressive du brouhaha intérieur, la diminution de la sensibilité, l’agression faite aux limites de l’intelligence, du respect et de la sensibilité furent un détonateur. Tout à coup, alors que j’avais baigné et adoré ces ambiances depuis une dizaine d’année, tout à coup, je ne pus plus les supporter. Je sentis une intense répulsion pour tout ; pour cette atmosphère, pour ces gens, pour cette fumée, pour cet alcool, pour leur brutalité intérieure et leur plaisir à se perdre loin de leur conscience. Je partis pour de bon, sans me retourner.

Aussitôt que possible, je repris contact avec les sahaja-yogis, les surprenant en réapparaissant au bout de 3 ou 4 mois, alors qu’ils m’avaient compté au rang des disparus au Yoga ! je mis des bouchées doubles, insatiable à ingurgiter toute la connaissance pure que l’on me proposait, totalement enthousiaste à chaque occasion de méditation collective, de réjouissance collective. Je découvris enfin que mon appétit d’expérience pouvait être nourris à La Source de toutes les expériences et rassasié.

On me fit cadeau d’un livre qui fut une seconde révélation : l’Avènement. Il mettait en mots, en histoire, en références vécues tout ce que je ressentais et qui étalait en moi des perspectives de connaissances, de compréhension et d’expériences que je n’aurais jamais pu imaginer. Ce fut le moment où du jour au lendemain, j’arrêtais totalement alcool, tabac et autres substances, j’avais 25 ans et comme je l’avais toujours rêvé, ma vie commençait.

Chris

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